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A PROPOS DES MANIPULATIONS

Extrait du livre : Mal de Dos Mal de Dents.

La manipulation est une des plus anciennes techniques utilisée par l'homme pour se soulager. Toutes les civilisations, des plus anciennes aux plus récentes ont utilisé la main pour soulager et pour guérir. Lorsque nous nous faisons mal, notre premier réflex n'est-il pas de poser la main sur la partie douloureuse. L'homme utilise sa main, l'animal, dépourvu de main, utilise sa langue.

Nos ancêtres avaient dans chaque village un rebouteux et souvent un guérisseur qui soignait par "les plantes", il donnait alors ce que nous appelions des "remèdes de bonne femme" dans le jargon populaire. Il y avait aussi le magnétiseur qui utilise aussi ses mains pour distribuer son magnétisme sur les parties à traiter.

Ce que nous appelons "médecine manuelle" est donc une des plus anciennes techniques  de soins utilisée par l'homme.

 

Les manipulations vertébrales, surtout, ont fait l'objet de polémiques sur leur utilisation, les dangers qu'elles représentent et les conséquences liées à leur fréquence. Qu'en est-il ?

La manipulation est l'action de toucher, tenir, transporter avec les mains. Outres les autres sens qui sont nombreux, la manipulation est l'action de la main, donc ce terme regroupe toutes les techniques thérapeutiques qui utilisent l'action manuelle. Dans la technique ostéopathique la manipulation s'adresse d'abord aux articulations.

Définition

La manipulation est définie dans le petit Larousse comme une mobilisation forcée, brève et mesurée des articulations ou d'un segment de la colonne vertébrale à des fins thérapeutiques.

A des fin thérapeutiques : il s'agit le plus souvent de repositionner les os des articulations qui ont perdu, au cours d'un traumatisme ou d'un faux mouvement leur relation physiologique.

La nouvelle relation de ces os entraîne alors des douleurs articulaires, ligamentaires, musculaires et une impotence fonctionnelle. La correction de cette anomalie articulaire permet souvent de libérer instantanément la mobilité articulaire et de diminuer considérablement les douleurs.

l'apprentissage

Chez les "rebouteux" il y avait transmission du "secret" de père en fils. Il y avait cette notion de pouvoir plus ou moins mystérieux qui permettait au rebouteux de sentir le déplacement et de le remettre en place.

Actuellement les manipulations sont étudiées, mais leur apprentissage commence par une étude approfondie de l'anatomie et de la biomécanique, elle s'associe aussi à une connaissance approfondie de l'anatomie et la pratique de tests dit de mobilité qui servent à déterminer l'amplitude des mouvements des articulations pour en définir les positions fixées et les restrictions de mobilité. De cette étude découle alors la technique à employer pour repositionner l'articulation dans une position normale lui permettant de recouvrer une mobilité normales dans tous ses mouvements et sans douleur.

Pour apprendre à manipuler, chaque étudiant en ostéopathie prête son "dos" à ses confrères. Il sera manipulé régulièrement par tous ses camarades néophytes, comme lui, et donc avec plus ou moins d'exactitude dans les manœuvres. Toutes les manipulations que je pratique sur mes patients, je les ai "ressenties et éprouvées". Au cours de chaque stage, mon rachis et toutes mes articulations ont été manipulées et "re manipulées" par des apprentis. Si une manœuvre hasardeuse provoque quelques douleurs, le professeur nous remet en état par une nouvelle manipulation.

De plus, entre les stages, nous nous réunissions pour nous exercer à pratiquer les manipulations enseignées en cours. J’ai maintenant 65 ans et mon rachis est en parfait état, bien qu'ayant été manipulé plus que de raison pendant ces années d'études et j'ai encore recours à la manipulation lorsque je souffre du dos.

La manipulation est dangereuse lorsqu’elle s’adresse à une articulation ou à un squelette fragilisé par une maladie [1] ou par un traumatisme ayant entraîné une lésion osseuse grave. Chez les enfants et les personnes âgées, la manipulation doit être réalisée avec beaucoup de douceur. Les ostéopathes disposent de plusieurs types de manipulations, qu’ils utilisent en fonction de l'âge et de la vitalité de leurs patients.

La manipulation respecte les amplitudes physiologiques ou normales du mouvement de l’articulation. Elle s'effectue en plaçant le sujet dans une position qui permet d'agir sur l'articulation "bloquée", en appliquant une force précise, rapide et modérée pour la libérer. Le succès de la manipulation dépend surtout de la précision et de la vitesse avec laquelle la force mesurée de correction est appliquée.

L’ostéopathe dispose aussi de manipulations plus douces pour libérer une articulation sans utiliser de force. Il appartient à chaque ostéopathe de décider de la technique à employer, selon le cas du patient. La règle absolue est :

"Il faut adapter la thérapeutique au patient et non le patient à la thérapeutique".

Nous verrons combien cette notion est importante dans le traitement des articulations temporo-mandibulaires.

Avec des techniques appropriées, un ostéopathe expérimenté peut se permettre de manipuler des fractures.

L'épouse d'un ami, médecin homéopathe, avait fait une chute dans l'escalier et ne pouvait plus s'asseoir. Elle me téléphone pour me demander de la soigner. Devant l'importance des douleurs décrites au téléphone, je pense qu'une radio est indispensable. La radio révèle une fracture du sacrum. Malgré cela et à la surprise de son mari, je lui propose de la traiter. J'utilise des techniques de manipulation très douces pour libérer les articulations sacro-iliaques, les vertèbres lombaires et le sacrum. Le traitement a permis de diminuer les douleurs de plus de 70%. Immédiatement après mon traitement la patiente, qui ne parvenait plus à s'asseoir, a pu prendre le café dans un fauteuil.

Que s'est-il passé ?

Le traumatisme avait, non seulement, fracturé le sacrum mais aussi déplacé des structures environnantes, ce dont on ne tient, habituellement, pas compte. Une partie des douleurs, attribuées à la fracture, venaient des structures présentant des lésions plus bénignes, mais néanmoins invalidantes. En agissant sur ces lésions, je leur ai permis de retrouver un mouvement normal, ce qui a éliminé les douleurs indépendantes de la fracture.

Un lundi matin, un de mes patients me téléphone pour obtenir un rendez-vous en urgence. Il me dit avoir fait une chute au cours d'une rencontre de football et avoir entendu un craquement de son rachis. L'examen révèle une zone très contracturée et extrêmement douloureuse. Je lui dis qu'il a certainement deux vertèbres qui présentent un tassement du corps antérieur. Une radio est indispensable pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. Il me demande si je peux le soulager. J'utilise des manipulations très douces qui améliorent immédiatement son état. La radio confirme mon diagnostic. Il restera allongé pendant un mois pour attendre la consolidation des fractures.

Il est évident que ce genre de traitement requiert une certaine expérience.

Je constate souvent que des patients ayant subi des traumatismes importants (fractures par exemple) continuent à souffrir alors que tout semble guéri et consolidé.

La douleur provoquée par la plus grosse atteinte a masqué les autres lésions associées. Les douleurs décrites n'ont souvent rien à voir avec la pathologie principale. Elles sont la conséquence de pathologies secondaires installées au cours de l'accident, qui sont passées inaperçues tant la douleur de la lésion principale est importante.

Qu'est une vertèbre ou une articulation déplacée ?

C'est une vertèbre ou une articulation qui est restée fixée dans une position au cours d'un mouvement. L'exemple type est celui de la personne qui se penche pour ramasser un objet tombé sur le sol et qui ne peut plus se redresser. Au cours du mouvement une ou plusieurs vertèbres lombaires se sont bloquées en flexion. La manipulation permettra aux vertèbres concernées de retrouver leur position normale, entre la flexion et l'extension, ce qui leur rendra une mobilité normale. Le blocage vertébral s'accompagne toujours d'une inflammation des articulations concernées et d'une contracture musculaire. Les contractures et l’inflammation disparaissent plus vite si l'articulation est libérée des blocages. Eliminer la cause de la pathologie donne, toujours, un résultat plus rapide et durable.

La récidive des blocages vertébraux peut être liée à de nombreuses étiologies.

Un ami, médecin présente régulièrement des blocages cervicaux et dorsaux. Je le manipule fréquemment, il s’étonne des récidives et du fait que les manipulations ne stabilisent pas son rachis. Un jour, au cours d’un de mes déplacements, je reconnais sa voiture et je le vois sortir de celle-ci avec son attaché case à la main droite. Il le place toujours sur le siège du passager. Je pense aussitôt que c’est le fait de saisir sa valise et de la porter en descendant de voiture qui lui provoque les blocages cervicaux. Son attaché-case est lourd et il monte et descend fréquemment de voiture lors de ses visites. Je lui suggère de mettre sa valise sur le siège arrière, même si cela l’oblige à ouvrir et fermer deux portes de voiture. Depuis, ses blocages vertébraux ont disparus. Beaucoup de personnes accusent la voiture d'être responsable de leurs maux de dos, alors que c'est souvent les faux mouvements qu'ils font en étant assis au volant qui sont à l'origine des blocages et des douleurs.

Des années plus tard je l'ai revu pour des blocages lombaires aigus répétitifs. Il est à la retraite. Chaque traitement ostéopathique comporte un traitement viscéral car il semble que l'origine de ses douleurs soit plus viscérale que mécanique. C'est un grand consommateur de produits laitiers. Après avoir lu le livre du Docteur Seignalet : 'L'alimentation ou la troisième médecine", il décide de limiter sa consommation de fromage. Ses blocages lombaires ont disparu.

Une dame présente, régulièrement, un lumbago et m’interroge sur les causes de récidives aussi fréquentes. Je lui conseille de rechercher le faux mouvement qui provoque le blocage, elle m’affirme n’en faire aucun. Les lumbagos se succèdent. Au cours de la dernière consultation elle m'annonce que j’ai raison, elle a trouvé le mouvement qui provoque son lumbago. Je lui demande lequel. D'abord elle refuse de me le dire, puis, finalement, elle m’avoue que son lumbago est provoqué par une position du "Kama Soutra" lors de ses relations avec son mari ! Je n’ai pas su laquelle, mais elle n’a plus fait de lumbago.

Les récidives peuvent être liées à des troubles de la posture générale du corps, des déséquilibres de la mâchoire ou des dysfonctions digestives. Si la liaison viscérale paraît incroyable, elle n’en est pas moins réelle.

Un ami médecin me demande de voir son épouse qui souffre d’une douleur violente au milieu du dos. Les douleurs ne sont améliorées ni par le repos ni par la position allongée. Dans ce cas, je pense toujours à une origine digestive. Je trouve des tensions anormales et des douleurs à la palpation de l'abdomen. Je libère les tensions viscérales par des manipulations appropriées, avant de manipuler les vertèbres. Après la manipulation, elle se sent mieux, mais les douleurs réapparaissent très vite. Son mari lui fait faire un bilan complet. L’analyse de sang révèle des anomalies. Une échographie met en évidence une phlébite de la veine mésentérique, cas très rare, dont la seule manifestation était la douleur vertébrale. Le traitement de la phlébite a fait disparaître toutes les douleurs. La cause de cette phlébite était une infection à cytomégalovirus. [2]

Un patient me consulte pour des douleurs cervicales très aiguës que le traitement ostéopathique n'arrive pas à améliorer durablement. Les radiographies cervicales ne montrent rien de pathologique. Son médecin décide de l'hospitaliser pour un bilan. Les douleurs sont dues à un cancer du poumon qui a emporté le patient en quelques mois. C'est le syndrome de Pancoaf Tobiax. Il n'y avait pourtant aucune métastase osseuse du rachis.

Un samedi matin, je reçois, en urgence, une patiente qui est atteinte d'une sciatique aiguë. Un scanner a mis en évidence une petite hernie discale qui ne comprime pas le nerf sciatique de manière significative et les signes cliniques ne sont pas en faveur de cette étiologie. La palpation abdominale révèle une sensibilité anormale de l'utérus. La patiente porte un stérilet. Je lui demande depuis combien de temps elle porte ce stérilet et si elle présente des symptômes gynécologiques depuis sa mise en place.

Elle me répond qu'effectivement, depuis la mise en place du stérilet, elle a des douleurs abdominales et des règles abondantes et douloureuses.

Je libère les tensions viscérales de l'utérus par manipulations, les douleurs de sciatique s'améliorent nettement, le signe de Lasègue [3] disparaît.

Je lui dis que je pense que le problème de sciatique vient du stérilet et je lui demande si sa sciatique et ses troubles gynécologiques sont apparus après sa mise en place.

Elle me répond qu'effectivement, depuis la pose du stérilet, elle souffre de divers symptômes, mais qu'elle n'a pas fait la relation avec la sciatique.

Je pense qu'il faut enlever le stérilet pour confirmer ou infirmer le diagnostic.

Elle doit voir son gynécologue le lundi suivant.

Je fais un courrier à son gynécologue. Je la préviens qu'il peut avoir deux attitudes : confirmer mon diagnostic ou me prendre pour un farfelu et un charlatan.

Le lundi, en début d'après-midi, la patiente me téléphone pour me remercier. Son gynécologue a confirmé mon diagnostic et a enlevé le stérilet. Sa sciatique a disparu.

Ceci prouve que les douleurs vertébrales ne sont pas toujours en rapport avec une arthrose ou  des "dérangements intervertébraux", dénomination qui remplace avantageusement l’appellation "vertèbre déplacée".

En conclusion, on peut affirmer que la manipulation, effectuée avec une technique adaptée, en tenant compte de l’état du patient, n’est pas dangereuse. Elle doit être précédée, si le moindre doute existe sur l’intégrité osseuse, d’une radiographie et des bilans nécessaires à l’élaboration d’un diagnostic précis.

La nécessité de répéter les manipulations peut être en rapport avec l’ancienneté des dérangements intervertébraux qui ont entraîné une laxité ligamentaire locale.

Je pense qu'on peut recourir à la manipulation autant de fois et aussi souvent que cela est nécessaire.

Il m’est arrivé, pour traiter une névralgie cervico-brachiale très douloureuse, de manipuler la patiente deux fois par jour, matin et soir. Après une semaine de ce traitement la patiente était guérie, sans récidive, ni séquelles depuis plusieurs années



[1] Tuberculose, cancer, infection, décalcification osseuse due à la vieillesse ou à la maladie

[2] Les cytomegalovirus font partie des herpès. Il s'agit d'une infection courante et habituellement asymptomatique, mais ils peuvent être à l'origine de pathologies diverses.

[3] Signe de Lasègue : Le mouvement de flexion de la cuisse sur le bassin avec la jambe en extension est arrêté par une vive douleur ressentie par le malade au niveau de la fesse et le long de face postérieure de la jambe.

 

Site de Jean-marie LANDOUZY, Ostéopathe, 310, rue Solférino 59000 LILLE  FRANCE     Tel : (00.33) 03.20.85.02.90
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